J’arrive à ce dernier jour de 2025 plus solide qu’au premier, et ça me remplit d’espoir. Parce que ce n’était pas gagné. J’ai commencé l’année un peu sur les genoux, encore affectée par deux accidents survenus en 2024, mais je ne me suis pas arrêtée pour autant. J’ai travaillé dur, autant pour guérir que pour avancer des projets de création. Il y a eu de beaux accomplissements : l’accompagnement d’un groupe au Slam jeunesse national, l’animation de plusieurs ateliers (notamment à Valcourt, Coaticook, Saint-Denis-de-Brompton et Cap-Pelé!), un spectacle solo de salon, un autre en plateau double avec L’être persane, la 4e édition du déambulatoire poétique à Coaticook, une résidence de création fructueuse au Porc-épic mythique à Cacouna, la création d’un nouveau zine, ma participation au Festival international de slam/poésie en Acadie et un automne hyper occupé avec entre autres cinq prestations en novembre! J’ai rencontré des personnes fabuleuses, des artistes extraordinaires de partout dans la francophonie, et j’ai partagé la scène et vécu des moments de création réjouissants avec des ami-e-s, que ce soit de longue date ou d’il y a quelques mois à peine. Je dois évidemment remercier toutes les organisations qui m’ont invitée, toutes les personnes qui ont dit oui quand j’ai proposé quelque chose, tout le monde qui m’a écouté ou lue, sous une forme ou une autre, et tout le public qui s’est déplacé chaque fois, avec une écoute et une sensibilité remarquable, et même souvent avec l’envie de partager à son tour.
Et comme tout n’est pas parfait, il y a eu des déceptions : des refus, beaucoup de refus, avec son lot de doutes et de remises en question. Mais j’ai décidé de me détacher de ce qui ne fonctionne pas et de foncer, d’entamer de nouveaux projets et d’écrire encore davantage. Et le vent semble tourner favorablement depuis cet automne. En effet, j’ai eu la grande joie d’avoir été acceptée fin novembre au programme de parrainage de l’UNEQ, et je suis donc accompagnée depuis par une autrice mentore pour un projet de recueil jeunesse en cours d’écriture. Ça me donne beaucoup de jus pour commencer cette nouvelle année, et j’espère que ce n’est qu’une première bonne nouvelle d’une série de plusieurs autres!
Depuis le début de ce bilan, je parle d’espoir, pourtant, je sais, le monde ne tourne souvent pas rond ces temps-ci. Nos droits sont menacés, les discours se polarisent et la situation est alarmante, même carrément horrifiante, à plusieurs endroits, ici compris. Ça manque d’amour, de poésie, d’humanité! Alors en 2026, je vais continuer. Autant que je peux, je vais porter le poème partout comme une armure et un cri de ralliement, avec nos colères collectives pour alimenter le feu, avec passion pour garder le bonheur tout proche, avec empathie et solidarité pour se donner un peu de courage, et surtout avec de l’amour, pour vivre.
Joyeuses Fêtes à tous et toutes, Bonne année!
– Marianne V
De gauche à droite à partir du haut, photos de : Éloïse Leblanc (Projet Borgitte), Bibliothèque Éva-Senécal de Sherbrooke (Journée du poème à porter), L’être persane (Manif au jardin, spectacle en plateau double à Uplands), Maxime Caron (Poésie poubelle), Victor Denoncourt (FISPA), Lis ta peau & cie (cabaret littéraire à Granby), Yves Verville (Café show à Eastman, Festival slam rap poésie & cie), Fransua Budro (Slam jeunesse) et Najwa Benchebab (marché des poètes au FISPA).